Conversion du REER en FERR à 71 ans
Le REER devient un FERR à 71 ans. Le tableau des retraits minimums du FERR par âge — 5,28 % à 71 ans, puis en hausse — et comment s'y préparer.
Dans cet article
Le REER a une date d’échéance, et beaucoup de gens la découvrent tard. À la fin de l’année où vous atteignez 71 ans, votre régime enregistré d’épargne-retraite doit cesser d’être un REER. Ce n’est pas optionnel, et ce n’est pas une formalité : la façon dont vous gérez cette transition — et les années qui la précèdent — change l’impôt total que vous paierez sur votre épargne pour le reste de la retraite. Voici comment fonctionne la conversion, le retrait minimum qui suit, et ce qu’il faut regarder avant l’échéance.
L’échéance obligatoire et vos options
La règle est claire : au plus tard le 31 décembre de l’année de vos 71 ans, le REER doit être converti. Vous pouvez le faire plus tôt si cela sert votre plan, mais jamais plus tard. À cette échéance, trois options s’offrent à vous :
- Le FERR (fonds enregistré de revenu de retraite). L’option la plus courante. Vos placements continuent de croître à l’abri de l’impôt, mais vous devez en retirer un montant minimum chaque année. C’est la conversion par défaut.
- La rente. Vous transformez le solde en versements garantis, souvent à vie. Vous échangez la souplesse contre la prévisibilité.
- Le retrait du solde. Possible, mais le montant retiré est entièrement imposable dans l’année — ce qui crée presque toujours une facture fiscale lourde. Rarement le bon choix pour un solde important.
La plupart des gens choisissent le FERR. C’est aussi celui qui demande le plus de planification, à cause du retrait minimum.
Le retrait minimum et sa hausse avec l’âge
Une fois le FERR ouvert, vous devez en retirer chaque année un montant minimum, calculé comme un pourcentage du solde au début de l’année. Ce pourcentage monte avec l’âge, selon une table fédérale fixée par règlement. Voici le tableau complet, de 71 ans jusqu’à 95 ans et plus.
| Âge au 1ᵉʳ janvier | Retrait minimum |
|---|---|
| 71 ans | 5,28 % |
| 72 ans | 5,40 % |
| 73 ans | 5,53 % |
| 74 ans | 5,67 % |
| 75 ans | 5,82 % |
| 76 ans | 5,98 % |
| 77 ans | 6,17 % |
| 78 ans | 6,36 % |
| 79 ans | 6,58 % |
| 80 ans | 6,82 % |
| 81 ans | 7,08 % |
| 82 ans | 7,38 % |
| 83 ans | 7,71 % |
| 84 ans | 8,08 % |
| 85 ans | 8,51 % |
| 86 ans | 8,99 % |
| 87 ans | 9,55 % |
| 88 ans | 10,21 % |
| 89 ans | 10,99 % |
| 90 ans | 11,92 % |
| 91 ans | 13,06 % |
| 92 ans | 14,49 % |
| 93 ans | 16,34 % |
| 94 ans | 18,79 % |
| 95 ans et plus | 20,00 % |
Deux choses à retenir. D’abord, le retrait minimum est un plancher : rien ne vous empêche de retirer davantage si vous en avez besoin, mais vous ne pouvez pas retirer moins. Ensuite, chaque dollar retiré du FERR s’ajoute à votre revenu imposable de l’année. À mesure que le pourcentage grimpe, le retrait obligatoire grossit — et il arrive souvent à un âge où vous touchez déjà le RRQ et la PSV. C’est là que se forme le piège fiscal.
Retrait minimum imposé sur un FERR de 300 000 $
Le retrait minimum n'est pas un revenu que vous choisissez : il s'impose, et il grossit en pourcentage avec l'âge. S'il s'empile sur le RRQ et la PSV au même moment, il peut faire grimper votre taux d'impôt et même déclencher le recouvrement de la PSV. Le voir venir change la stratégie des années précédentes.
Utiliser l’âge du conjoint plus jeune pour baisser le minimum
Si votre conjoint est plus jeune que vous, vous pouvez faire calculer le retrait minimum sur son âge plutôt que sur le vôtre. Comme le pourcentage de la table monte avec l’âge, baser le minimum sur le conjoint le plus jeune réduit le retrait obligatoire chaque année — et donc le revenu imposable forcé. À 71 ans, par exemple, un retrait calculé sur un conjoint de 66 ans utilise le facteur de 66 ans (1 ÷ (90 − 66) = 4,17 %) au lieu de 5,28 %.
Une seule contrainte, mais elle est importante : ce choix se fait à l’ouverture du FERR et il est irrévocable par la suite. On ne peut pas l’activer après coup une année où il deviendrait avantageux. C’est donc une décision à poser au moment de la conversion, en regardant l’âge des deux conjoints et le revenu que chacun touchera.
Faut-il décaisser le REER avant 71 ans ?
C’est souvent la décision la plus payante, et la plus contre-intuitive. Beaucoup de gens laissent leur REER intact le plus longtemps possible, par réflexe. Mais reporter chaque retrait jusqu’à l’obligation peut concentrer un gros revenu imposable après 71 ans, quand le retrait minimum du FERR s’ajoute au RRQ et à la PSV.
L'âge où demander le RRQ change ce revenu sur lequel s'empile le FERR
La stratégie inverse consiste à retirer du REER plus tôt qu’obligé, pendant les années où votre revenu imposable est bas — par exemple entre l’arrêt de travail et le début du RRQ. Ces retraits remplissent les paliers d’impôt faibles qui resteraient autrement inutilisés, et ils allègent le solde du FERR qui sera assujetti aux retraits minimums plus tard. Bien fait, ce lissage peut réduire l’impôt total sur l’ensemble de la retraite. Mal fait, il fait l’inverse. Tout dépend de vos chiffres réels, année par année.
L’ordre de décaissement : REER/FERR, CELI, non enregistré
Une fois à la retraite, vous puisez dans plusieurs comptes, et l’ordre compte. Chaque type de compte a un traitement fiscal différent :
- REER / FERR — chaque retrait est entièrement imposable. C’est le compte dont le décaissement doit être planifié le plus finement, à cause du retrait minimum obligatoire à partir de 71 ans.
- CELI — les retraits sont non imposables et n’augmentent pas votre revenu net. C’est la réserve la plus flexible : on la garde souvent pour les années où ajouter du revenu imposable coûterait cher, ou pour éviter de pousser le revenu net au-dessus du seuil de recouvrement de la PSV.
- Non enregistré — seuls les revenus de placement (intérêts, dividendes, gains en capital réalisés) sont imposés, et les gains en capital ne le sont qu’à moitié. Le traitement est plus doux que celui du REER.
Le principe au Québec n’est pas de vider un compte avant de toucher au suivant, mais de gérer le revenu imposable de chaque année. On combine souvent les sources pour remplir les paliers d’impôt faibles sans déborder dans les hauts, en utilisant le CELI comme amortisseur. L’ordre optimal n’est pas une règle fixe : il se lit dans une projection qui tient compte du RRQ, de la PSV, de l’impôt québécois et du retrait minimum du FERR, tous ensemble.
Questions fréquentes
À quel âge dois-je convertir mon REER en FERR ?
Au plus tard à la fin de l'année civile où vous atteignez 71 ans. Vous pouvez convertir plus tôt si vous le souhaitez, mais pas plus tard : passé cette date, le REER ne peut plus rester un REER. Vous avez trois options — ouvrir un FERR, acheter une rente, ou retirer le solde (entièrement imposable).
Combien dois-je retirer de mon FERR chaque année ?
Un minimum fixé par un pourcentage qui dépend de votre âge. À 71 ans, c'est 5,28 %, puis le taux monte chaque année — environ 5,40 % à 72 ans, 5,82 % à 75 ans, et il continue de grimper jusqu'à 20 % à 95 ans et plus. Le retrait minimum est obligatoire ; vous pouvez toujours retirer davantage.
Peut-on utiliser l'âge du conjoint pour le FERR ?
Oui. Si votre conjoint est plus jeune, vous pouvez faire calculer le retrait minimum sur son âge plutôt que sur le vôtre, ce qui réduit le montant obligatoire chaque année. Le choix se fait à l'ouverture du FERR et il est irrévocable ensuite : on ne peut pas l'activer après coup.
Faut-il décaisser le REER avant 71 ans ?
Parfois, oui. Retirer du REER pendant des années où votre revenu imposable est bas — par exemple entre la retraite et le début du RRQ — peut lisser l'impôt et éviter une facture salée quand le retrait minimum du FERR s'ajoutera plus tard au RRQ et à la PSV. Cela se décide en projetant le revenu net année par année.
Dans quel ordre décaisser REER, CELI et comptes non enregistrés ?
Il n'y a pas d'ordre unique, mais le principe au Québec est de gérer le revenu imposable de chaque année. On puise souvent dans le non-enregistré et le REER pour remplir les paliers d'impôt faibles, en gardant le CELI — non imposable — comme réserve flexible. L'ordre optimal dépend de votre situation et se vérifie par projection.
Avant l’échéance des 71 ans
- Repérez l’année exacte de l’échéance — la fin de l’année de vos 71 ans — et planifiez plusieurs années à l’avance.
- Demandez-vous si un décaissement hâtif du REER, pendant des années à faible revenu, allégerait l’impôt total.
- Regardez l’effet combiné du retrait minimum du FERR avec le RRQ et la PSV, après impôt québécois, année par année.
- Coordonnez le tout avec votre choix de l’âge du RRQ : les deux décisions touchent les mêmes paliers d’impôt.
Votre projection RREGOP, sans approximation
Planexia modélise la réduction pour anticipation, la coordination à 65 ans et l'indexation par tranche — et les combine avec le RRQ et l'impôt provincial dans une projection que vous pouvez lire. L'outil est en développement.
Le seul planificateur qui connaît le RREGOP
Réduction pour anticipation, coordination à 65 ans, indexation par tranche, RRQ, PSV, impôt québécois — tout dans une projection lisible. Le programme bêta ouvre cet été.
D'autres articles pour mieux planifier